L’addiction n’est pas une question de volonté : dire à un sujet addicté qu’il « suffit d’arrêter » ou d’y « mettre du sien » est une façon de nier la dimension psychique et physiologique de la dépendance. Elle n’est pas non plus un choix, mais une tentative désespérée de calmer une souffrance psychique (parfois physique). L’addiction n’est pas non plus qu’une histoire de produit, ce n’est pas la substance en elle même qui provoque cette dépendance mais le rapport que le sujet a avec cet objet : certaines personnes peuvent consommer à une fréquence élevée sans jamais développer d’addiction, tandis que pour d’autres, une seule prise suffit pour développer une addiction. Il n’est pas non plus question de classe sociale ou de statut socio professionnel : tout le monde peut y être confronté. L’addiction n’est pas non plus un vice, un échec ni une faiblesse, mais représente bien souvent une tentative de solution pour faire face à un mal-être, une manière de réguler une tension psychique.
Les mécanismes au coeur des addictions
L’addiction peut être comprise comme une réponse à une souffrance psychique vécue et se présente comme une tentative de la réguler, de la maîtriser ou de l’éviter quand elle difficile à supporter. Ce n’est pas un simple comportement mais un mode de régulation qui se traduit par un passage à l’acte : substances, jeux d’argent, etc. Elle vise également à la recherche d’un plaisir immédiat, instantané, quand la pensée devient difficile à élaborer. Le but étant d’apaiser une angoisse ou de se protéger d’une douleur psychique. Ce comportement, d’abord apaisant, devient peu à peu une contrainte qui enferme le sujet dans un cycle de dépendance et le privant de sa liberté.
Freud parle de la compulsion de répétition, il observe que les sujets revivent certaines expériences pénibles, même si elles provoquent plus de souffrance que de plaisir. Cette répétition ne vise aucunement le plaisir mais tout autre chose :l’idée est de revivre certaines expériences traumatiques pour tenter de les maîtriser à nouveau ou parce qu’elles n’ont pas été traitées psychiquement. En d’autres termes, le sujet répète inconsciemment ce qu’il n’a pas pu comprendre de certaines expériences vécues en tentant à chaque fois d’y trouver du sens.
Dans le contexte des addictions, cette compulsion de répétition se traduit par la répétition de certains comportements malgré les conséquences néfastes (consommation de substances, etc.) Le sujet ne cherche pas forcément le plaisir, mais plutôt apaiser une souffrance, contenir une angoisse ou « remplir » un vide. Cette maîtrise reste bien sur temporaire et illusoire, ce qui le pousse à recommencer.
On comprend alors que l’addiction met en place un système alternatif qui peut se présenter comme un « cercle vicieux » pour le sujet : tension psychique → objet/comportement → soulagement → manque → tension
Je consomme pour aller mieux, mais c’est ce qui me maintient paradoxalement dans cette souffrance
Cette boucle crée une illusion de contrôle, le produit ou le comportement devient un moyen de gérer une souffrance, mais finit par renforcer davantage la dépendance.
Addictions et comorbidités
Freud parle de la compulsion de répétition, il observe que les sujets revivent certaines expériences pénibles, même si elles provoquent plus de souffrance que de plaisir. Cette répétition ne vise aucunement le plaisir mais tout autre chose :l’idée est de revivre certaines expériences traumatiques pour tenter de les maîtriser à nouveau ou parce qu’elles n’ont pas été traitées psychiquement. En d’autres termes, le sujet répète inconsciemment ce qu’il n’a pas pu comprendre de certaines expériences vécues en tentant à chaque fois d’y trouver du sens.
La problématique addictive ne se présente jamais seule. Elle est souvent accompagnée d’autres troubles psychiques associés : on parle alors de comorbidités. Parmi les troubles fréquemment associés :
- Trouble de la personnalité (dépendante, borderline)
- Troubles du comportement alimentaire
- Troubles anxieux
- Etats dépressifs
- Psychose (schizophrénie, bipolarité)
L’addiction devient alors un moyen de contenir une angoisse de façon immédiate, atténuer une tristesse profonde, gérer une tension interne trop difficile à supporter.
Addictions et comorbidités
La consommation devient problématique lorsqu’elle cesse d’être un choix, on parle alors d’un besoin irrépressible, une contrainte psychique, on ne peut plus s’en passer. Ce n’est pas réellement une question de la fréquence ni de la quantité de l’objet, mais de la place qu’occupe le produit dans la vie psychique du sujet.
Le produit occupe une fonction particulière chez lui : celle d’apaiser une tension, de combler un manque affectif, de ressentir de l’euphorie, d’anesthésier la pensée.
Le sujet n’utilise plus vraiment l’objet pour se procurer du plaisir, mais s’en sert comme un mode de défense contre une douleur psychique, un vide intérieur, un manque ou une frustration devenue trop difficile à tolérer. Il agit alors comme un court circuit au manque et au désir : je veux tout, tout de suite, maintenant. En résumé, l’addiction devient pathologique lorsqu’elle empêche de penser, de manquer, de parler. Lorsqu’elle nous isole des autres, du monde.